
L’analyse systémique est une nouvelle forme de pensée, une nouvelle approche, située à l’opposé de l’approche analytique traditionnelle. Son application est essentielle si l’on veut réaliser un développement cohérent, entendant par là un développement qui favorise le progrès humain, en commençant par lutter contre la pauvreté, tout en assurant le maintien de l’équilibre de la nature. De fait, un grand nombre de problèmes que l’on observe actuellement en Afrique, dans les domaines de l’environnement et du développement, résultent des démarches aléatoires et parcellaires qui ont été suivies au cours des premières décennies de développement et auparavant.
La démarche, fondée sur l’analyse systémique, marque le passage de l’approche sectorielle, disciplinaire, ponctuelle des problèmes vers une approche globale, interdisciplinaire et intégrée. Il s’agit là d’un changement méthodologique majeur.
Le concept moderne de système, qui relève du domaine des mathématiques, s’est progressivement dégagé au cours des décennies 1930 –1940, notamment durant la Seconde Guerre Mondiale.
La systémique repose sur quatre concepts. D’abord, le concept d’interaction : tous les éléments d’un système sont en interaction ; on trouve ici les relations de rétroaction (positive ou amplificatrice ; et négative ou régulatrice). Le second concept concerne la totalité (le tout, holos, en grec) ; cependant un système n’est pas la somme des éléments qui le constituent, car intervient le phénomène d’émergence qui donne lieu aux processus de synergie et de potentialisation. Le troisième concept se réfère à l’organisation de tout système avec ses aspects structurel et fonctionnel. Enfin le quatrième concept se rapporte à la complexité du système. Alors que la logique cartésienne visait à simplifier les phénomènes en éliminant l’aléatoire ou l’incertain, la systémique montre qu’il est nécessaire de conserver la complexité qui est à la base de l’évolution même des systèmes.
À côté des concepts, la systémique est régie par cinq lois. La loi des rapports du système avec son environnement. La loi de l’organisation hiérarchique des systèmes ; l’organisation se manifeste par le fait que tout système peut être décomposé en un certain nombre de sous-systèmes (p.ex., les six sous-systèmes du système rural). La loi de la conservation des systèmes ; deux notions doivent être considérées ici ; l’état stationnaire et l’homéostasie ; cette dernière peut être illustrée par le concept de stabilité dynamique qui caractérise, p.ex., le fonctionnement et le dynamisme de la forêt équatoriale : le système évolue sans cesse, tout en restant stable. La quatrième loi est la loi du besoin de variété. La variété ou la diversité est une qualité des systèmes qu’il y a lieu de préserver, voire de susciter. Dans les systèmes biologiques, la diversité contribue à la stabilité ; ceci est cohérent avec la première loi de la biocénotique fondamentale. Enfin, la cinquième loi porte sur l’évolution des systèmes. Le système complexe, structuré, diversifié et biocénotiquement stable évolue dans le temps, vers toujours plus de complexité ; l’évolution d’un système va de pair avec sa diversification et sa complexification.
Les problèmes de développement sont caractérisés par leur grande complexité, et la recherche de solutions implique une stratégie intellectuelle qui soit fondée sur l’analyse systémique, apte à l’appréhension de problèmes complexes.
L’ÉRAIFT a adopté l’approche systémique - approche novatrice -, appropriée à la solution des problèmes de grande complexité.
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